par Jahanshah Rashidian (23 septembre 2008)
L'alliance d`une partie de l'intelligentsia iranienne avec Khomeiny et la bourgeoisie traditionaliste de bazar entre 1978 et 1983 pour s'opposer au Chah et puis contre les opposants du régime islamique n'était pas planifiée et soutenue par une grande majorité silencieuse d’intellectuels iraniens. Cette alliance fut plutôt exprimée par les tendances gauchistes, mossadéghistes, et plus particulièrement par un spectre des Musulmans politiques.
Bien que cette alliance fût funeste et défaillante mais n'était pas trop pesante sur le résultat final des soulèvements massifs. En réalité les complices ne se comptaient que par plusieurs centaines de milliers, face à quelques millions qui soutenaient farouchement Khomeiny.
En bref, la révolution islamique de 1979 ne fut pas le fait de l’alliance de l'intelligentsia avec Khomeiny, Les islamistes furent jadis assez forts et bien organisés pour achever une telle révolution.
La chute du chah fut inévitable. Même ses alliés occidentaux le savaient et pour en profiter, tout en évitant le pire qui semblait la mainmise de l'URSS sur la révolution, ont aidé les mollahs à remplacer le régime du Chah. Les occidentaux ont espéré que les libéraux, du Front National, seraient finalement les maîtres du pays-ce qui fut un échec.
Pourtant, l'intelligentsia a aidé les mollahs dans la phase initiale d'établir un régime solide au bonheur des mollahs et de leurs alliés nantis traditionalistes du bazar.
L'idée de l'alliance fut de considérer le mouvement islamiste comme un mouvement " progressiste" et " anti-impérialiste" qui défendait les intérêts des opprimés. Cette position fut adoptée par une partie de la confédération des étudiants iraniens (SIS) en Europe ainsi que par le parti Toudeh, pro- Soviétique.
Du fait des aléas politiques, des milliers de membres et de sympathisants intellectuels laïques, avec les Moudjahiddines du peuple, islamistes de gauche à l'époque, ont soutenu la révolution islamique dans la phase initiale. Le parti Toudeh, toujours inféodé aux tous les Big Brothers de Moscou, continua son quasi inconditionnel support jusqu'à ce que le régime se tourne contre eux en 1983.
Cette gauche perplexe qualifie sélectivement le mouvement islamiste de " petite bourgeoisie progressiste ". Fascisme, misogynie, obscurantisme qui sont les traits traditionnels des mollahs en Iran sont complètement ignorés en leur vue. En réalité, la gauche iranienne n'est pas parvenue ni à identifier le caractère politique du mouvement islamiste, ni sa position de classe, et ni à définir ses rapports avec le capital, l'Etat et l'impérialisme d'une analyse marxiste.
Nos laïcs, frustrés et plutôt obsédés par la haine du Chah qu'un changement démocratique de son régime, se sont réduits aux niveaux réactionnaires des mollahs de telle façon qu'ils devenaient hyper mnésique qu'ayatollah Khomeiny n'était qu'un mollah rétrograde, peu éduqué, et farouchement anti-femme. Il fut résolu de tourner la roue de l’Histoire en arrière, 1400 ans en arrière, à l'époque ou les califes encore régnaient sur des communautés islamiques d'après les règles de la charia. Khomeiny avait rêvé depuis longtemps pour une telle société archaïque, umma. Le problème de Khomeiny avec le Chah s’est uniquement résumé au rôle de l’islam dans la société. Khomeiny s'est élevé en 1963 contre les reformes agraires et surtout contre le droit de vote accordé aux femmes par le Chah.
L'illusion à laquelle mène facilement une telle alliance de nos intellectuels fut la construction d'un front commun visant la chute de la dictature du Chah à tout prix sans se rendre compte du pire parce que tous les signaux d’une dictature pire étaient déjà présents.
Tuesday, September 23, 2008
Nos Erreurs
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